Le blues est devenu en un peu plus d’un siècle une des musiques les plus répandues. Son influence est présente dans énormément de productions musicales actuelles. Dans cet article, je vous livre les clés pour vous lancer dans l’improvisation sur le blues au piano.

Cette musique a un pouvoir extraordinaire : celui de réunir un nombre incroyable de personnes issues de milieux, de pays et de cultures différents. Le blues se joue presque partout dans le monde et fait parti du vocabulaire musical de beaucoup de musiciens et de musiciennes. C’est pourquoi en apprenant à jouer le blues vous pourrez vous rendre dans un pays dont vous ne parlez pas la langue et être capable d’aller faire le bœuf, la jam, de rencontrer des artistes et de jouer avec eux. Vous pourrez partager des moments musicaux uniquement par votre pratique commune du blues. 

C’est une musique qui a aussi une autre propriété, et pas des moindres : elle est faite pour l’expression des états d’âme. Le blues nous donne une occasion de nous exprimer et de raconter facilement notre histoire du moment. 

Certes, on ne peut pas la dissocier de ses origines africaines-américaines et se l’approprier. Mais on peut l’imaginer comme un cadeau que ces musiciens et musiciennes de l’époque ont fait au monde. Elle peut exister en nous et nous permettre de nous exprimer par la musique. 

Présentation des 4 étapes pour apprendre l'improvisation sur le blues au piano

Cette semaine, vous allez découvrir les étapes qui vont vous permettre d’apprendre à : 

  • jouer un accompagnement ;
  • à improviser. 

À chaque étape, vous trouverez 3 niveaux de difficulté. Ainsi, que vous débutiez au piano ou que vous ayez déjà un niveau avancé, il y aura une matière adaptée pour vous. Pour vous aider, j’ai tourné des vidéos de mise en pratique. Elles se trouvent à chaque fin de partie. 

Voici une présentation des étapes que je vais vous proposer.

Jouer avec le rythme

Si vous avez déjà cherché des tutoriels pour improviser du blues au piano, vous avez surement découvert la gamme blues. Vous avez appris que c’est une gamme magique et qu’il suffit de jouer avec ses notes pour que vos improvisations sonnent terrible.  

Malheureusement, mon expérience d’enseignant et d’auditeur m’a montré que connaitre une gamme qui « sonne bien » ne suffit pas à construire une bonne improvisation. Pire encore, j’entends souvent des pianistes avec un très bon niveau technique qui découvrent la gamme blues pour s’initier à l’improvisation. 

Que font-ils ? Ils enchaînent les notes à grande vitesse n’importe comment. Ça n’a aucun sens et aucun intérêt musical. Il y a plusieurs raisons à cela. 

La première c’est le manque d’intention et de connexion au chant intérieur, j’en ai déjà parlé ici. 

L’autre c’est qu’on ne leur a pas expliqué que le blues comme le jazz (et d’ailleurs toutes les musiques issues de l’Afrique) sont basées sur le rythme. Pour faire sonner cette gamme, on ne peut pas passer à côté de la question rythmique. 

Dans cette partie on va donc utiliser la gamme blues, mais avec un focus sur le rythme.

S’accompagner à la main gauche

Lors de l’étape précédente, on aura déjà un peu abordé la question de l’indépendance des mains. Cette fois-ci, on va pousser l’exploration plus loin. Je vous apprendrai la progression harmonique type du blues. 

À partir de cette progression, vous découvrirez 3 formules d’accompagnements jouées à la main gauche. 

Un premier objectif sera de trouver une régularité rythmique avec une main gauche très simple. Ensuite, on amènera de la variation mélodique dans l’accompagnement. Enfin, on verra comment donner plus de « bounce », de rebond à cette main gauche. 

Improviser en accord (blockchords)

La technique des blockchords est très utilisée dans le blues. Elle donne un son caractéristique de cette musique. 

Peut-être connaissez-vous les blockchords en jazz avec l’utilisation du drop 2. Ici c’est tout autre chose. Vous verrez que la technique peut se mettre en place très facilement et vous permettre beaucoup de créativité dans votre improvisation sur le blues au piano. Ici encore le travail rythmique sera déterminant. 

Enrichir votre vocabulaire mélodique

Jouer avec la gamme blues c’est très pratique, car elle sonne bien sur toute la grille du blues. Mais elle a l’inconvénient de son avantage : elle peut devenir très ennuyeuse. 

Si les guitaristes de blues arrivent à jouer pendant des heures sur cette gamme sans lasser, c’est qu’ils font quelque chose d’impossible à reproduire au piano. Ils peuvent amener des inflexions dans les hauteurs de notes. C’est-à-dire qu’en tirant sur une corde ils peuvent faire varier sa hauteur comme pourrait le faire un chanteur et la faire vibrer. 

Au piano c’est impossible. Évidemment on peut jouer sur le phrasé en jouant sur l’attaque et la durée des notes. Mais on ne pourra jamais être aussi expressif. C’est entre autre pour ça que les pianistes sont souvent plus calés en harmonie que les autres musiciens. 

L’objectif de cette étape sera donc d’intégrer des notes en plus de la gamme blues pour rendre votre discours musical plus riche. 

Jouer avec le rythme

D’abord il faut choisir la tonalité. Chacune a des avantages et des inconvénients. 

Par exemple les tonalités de la, mi et si sont très utilisées par les guitaristes de blues. C’est bien de les connaitre pour jouer avec eux, mais au piano ce ne sont pas des tons usuels et pratiques. 

Le blues est beaucoup joué en jazz avec une grille d’accords un peu modifiée (parfois beaucoup). Souvent les tonalités jouées sont sib et fa.

Au piano je trouve que do est une tonalité très pratique pour démarrer, car elle permet de bien comprendre l’organisation harmonique et mélodique. 

Alors je vous propose de partir sur le blues en do, puis plus tard vous pourrez vous entraîner à jouer dans les autres tonalités que je viens d’évoquer en fonction de vos objectifs : plutôt jazz ou plutôt blues avec guitariste.

Niveau 1 : jouer sur les temps

Révisons d’abord la gamme blues en partant de do. 

Elle se compose d’une gamme pentatonique mineure (do, mis, fa, sol, sib) à laquelle on a ajouté une blue note (fa#). 

Je vous invite déjà à une exploration libre de sa sonorité en faisant voyager vos doigts sur chacune des notes. Vous pouvez ensuite ajouter un do à la main gauche dans le grave. 

Ajoutez une pulsation (par exemple noire = 60) en la matérialisant à la main gauche. C’est-à-dire que la main gauche va jouer un do tous les temps à une vitesse de 60 pulsations/minute. N’hésitez pas à utiliser le métronome pour vérifier la stabilité du tempo. 

Dans un premier temps, cherchez surtout du confort et de la détente. Connectez-vous à vos sensations. Est-ce que vous pouvez jouer cette pulsation en étant détendu et avec précision ? C’est indispensable pour une bonne improvisation sur le blues au piano.

Quand je travaille ça, je n’hésite pas à le faire plusieurs minutes, le temps de m’installer dans la pulsation, un peu comme un batteur qui assure la stabilité rythmique du groupe. 

Ensuite, en même temps que chaque note de main gauche jouez à la main droite :

  • en répétant une note de la gamme blues ;
  • en changeant de note tous les 4 temps ;
  • en changeant de note tous les temps.

Avant de passer à l’étape suivante, assurez-vous d’avoir trouvé de l’assurance et de la facilité dans le jeu. 

Dans cette configuration, l’improvisation se fait par le choix des notes, mais on s’astreint à une contrainte rythmique. 

Il va maintenant falloir rendre tout cela plus musical. Peut-être que pour le moment vous êtes dans une répétition un peu mécanique. C’est normal, mais il ne faudrait pas trop s’installer dedans. 

Avec ce matériau simple, vous allez pouvoir commencer à raconter votre histoire. Pour mettre en valeur les notes, vous allez parfois rester plus longtemps sur une note ou insérer des silences. Testez-le de façon intuitive. L’idée c’est de rester connecté à la pulsation, mais de temps en temps de ne pas jouer à la main droite tandis que la main gauche garde son rôle d’accompagnement. 

Pour finir, donnez-vous plus de liberté. Dites-vous que 80% des notes doivent être jouées pile sur les temps, mais que les 20% restantes peuvent être jouées là où vous le sentez. 

À cette étape et avec un peu d’entraînement, vous allez construire des improvisations déjà très sympas. Vous verrez dans la vidéo à la fin de cette partie ce que ça peut donner. 

Niveau 2 : développer de la vitesse

Le blues a une particularité rythmique héritée des musiques africaines, c’est ce qu’on appelle le ternaire. 

Le ternaire c’est une manière de jouer les notes entrer les temps, ou une manière de découper le temps entre chaque pulsation. 

Par exemple si je compte 1 et 2 et 3 et 4 et. J’ai divisé chaque temps en deux parties égales. On parle alors d’une division binaire. Si je compte 1 et et 2 et et 3 et et 4 et et, j’ai divisé chaque temps en 3. On dit que c’est une division ternaire. 

La maîtrise de ce débit de notes en 3 est fondamentale dans cette musique et beaucoup d’autres. Elle va aussi nous permettre de construire des phrases rapides dans notre improvisation de blues au piano. 

Ici on va donc jouer 3 notes à la main droite pendant que la main gauche n’en joue qu’une. 

Voici comment s’y entraîner :

  • choisir une note à la main droite et la répéter en ternaire ;
  • choisir un groupe de 3 notes et les jouer à la suite sur ce débit ;
  • monter et descendre la gamme pentatonique ;
  • jouer librement sur la gamme.

Comme pour le niveau 1, il ne faut pas oublier de faire de la musique. Jouer uniquement de cette manière va vite être ennuyeux. Vous allez donc pouvoir vous concentrer sur l’histoire à raconter en vous disant : « je pars sur une impro basée sur des noires et de temps à autre, j’insère des croches dans mon discours »  et n’oubliez pas de mettre des silences dans ces improvisations. 

Niveau 3 : « les croches en l’air »

Maintenant que tout ça est en place, on va chercher du rebond dans les phrases musicales. Pour cela, il y a un secret : savoir jouer uniquement la 3e croche. 

C’est un petit challenge rythmique. 

Voici la progression à suivre :

  • rester sur la même note ;
  • jouer librement sur la gamme.

Pour conclure ce travail, vous allez pouvoir mixer les 3 niveaux et jouer des impros déjà très sophistiquées. 

Vous pouvez retrouver tout cela en détail dans la vidéo de la chaîne. Je vous conseille de la visionner pour bien entendre comment jouer les différents exercices et avoir une idée de ce que peuvent donner des improvisations bâties sur ces principes. (Abonnez-vous pour ne rien rater !)

S’accompagner à la main gauche

Si vous jouez en piano solo, la main gauche a un rôle très important : celui de donner le rythme et l’harmonie. 

C’est comme si elle était la fusion entre batteuse et bassiste. Des styles issus du blues comme le boogie-woogie et le rock’n’roll l’ont mise à l’honneur. Dans le jazz, il n’est pas rare que pianiste ou organiste prennent le rôle de la basse en jouant une « walking basse ».  

Le blues en 12 mesures

Avant de vous apprendre quelques variantes possibles pour votre improvisation de blues au piano, nous devons parler de l’enchaînement harmonique de cette musique. Le blues est un style musical, mais il est aussi devenu une forme codifiée. La plupart du temps cette forme s’organise en 12 mesures. On distingue la forme blues primaire qui est utilisé dans le rock’n’roll par exemple et le blues jazz qui est devenu beaucoup plus sophistiqué sur le plan harmonique.

Ce qui nous intéresse ici, c’est la forme du blues basique qui est la plus connue.

Point théorique : les degrés

Prenons la gamme de do majeur. Chaque note est un degré de la gamme. Do est le premier degré, ré le second, etc. Ces degrés sont notés en chiffres romains ce qui donne :

Do = I
Ré = ii
Mi = iii
Fa = IV
Sol = V
La = vi
Si = vii

Notez que les degrés II III VI et VII sont écrits en minuscule. C’est une convention très utilisée dans le monde anglo-saxon. Je vous le dis, car si vous faites des recherches sur les degrés en musique, vous verrez les deux manières d’écrire : II ou ii, III ou iii, vi ou VI, vii ou VII. 

Dans le blues basique on utilise les accords construits à partir des degrés I, IV et V, c’est tout. 

Niveau I : apprendre la suite de basse

Pour démarrer, il va falloir apprendre par cœur l’enchaînement des accords suivant :

I, (IV), I, I.  
Dans la tonalité do ça donne : do, fa, do, do. 
IV, IV, I, I.
Dans la tonalité do ça donne : fa, fa, do, do.
V, IV, I, I.
Dans la tonalité do ça donne : sol, fa, do, sol.

Pour chaque degré on reste une mesure. Le IV° degré de la première ligne est entre parenthèses, car parfois on met un I° degré à la place. 

Écrit sur la portée cela donne :

Il faudra déjà beaucoup répéter cette séquence en la chantant pour se la mettre dans l’oreille. 

Pour donner plus de rythme à cette main gauche on va jouer 4 notes pas mesure, donc des noires. 

Voici la partition :

Le travail à cette étape de votre apprentissage de l’improvisation sur le blues au piano est d’automatiser les changements de basse sans perdre le tempo. Je vous conseille vivement de jouer avec le métronome. Placez-le sur tous les temps pour vous permettre de jouer sans perdre la pulsation.  

Quand vous serez à l’aise, vous pourrez ajouter la main droite en choisissant un des 3 niveaux développés dans la partie « jouer avec le rythme » 

Niveau II : variations mélodiques

Une fois cette basse automatisée on va pouvoir l’enrichir. 

D’abord, vous pouvez jouer deux notes simultanément au lieu d’une à la main gauche. C’est l’intervalle de quinte qui est le plus approprié. 

Voici ce que ça donne (partition et extrait)

Ensuite, la note la plus aiguë peut être modifiée par des changements de hauteurs (sixte majeure et septième mineure) qui vont rendre l’accompagnement plus mélodique. 

Voici plusieurs propositions :

Il y a matière ici à inventer des accompagnements en variant les notes aiguës de la main gauche. Mais je vous conseille dans un premier temps de choisir l’une des deux et de prendre le temps de l’automatiser.

Une fois à l’aise avec cette main gauche, vous allez pouvoir improviser à la main droite en choisissant le niveau de difficulté approprié. 

Niveau III : donner du rebond

Grâce à la technique que je vais vous donner, votre main gauche va prendre une toute autre allure. Elle va se rapprocher du jeu de batterie en amenant du rebond. Pour ce faire, vous allez ajouter la « croche en l’air ». Rappelez-vous, on en a parlé dans la partie précédente. Il s’agit de jouer sur la 3e croche ternaire. 

Beaucoup de variations sont possibles. Voici trois propositions :

Comme pour les autres niveaux, essayez d’intégrer à votre rythme les niveaux de difficulté rythmique lors de vos improvisations de main droite. 

Voici la vidéo pour entendre ce que ça donne et pour vous donner des idées. 

Improviser en accords

Dans la vidéo précédente, vous avez remarqué que j’avais utilisé une nouvelle technique d’improvisation sur le blues au piano. Au lieu de ne jouer qu’une seule note à la main droite, j’en ai joué plusieurs en même temps. 

Cette manière de faire est typique du blues, je ne crois pas l’avoir entendu ailleurs. 

J’ai employé le terme accord, mais je ne le trouve pas tout à fait adapté. En effet, un accord est généralement construit en empilant des tierces. Ce n’est pas toujours le cas dans la technique que vous allez apprendre. 

On pourrait employer le mot cluster. C’est un groupe de notes peu espacées les unes des autres. Par exemple si vous jouez do, ré, mi, fa, sol en même temps, c’est un cluster. C’est beaucoup utilisé dans la musique contemporaine. Parfois ce qu’on va jouer s’apparentera à des clusters, mais pas tout le temps. 

Le mot block chord, me vient aussi en tête, mais il correspond plus à une technique d’harmonisation très sophistiquée issue du jazz. Ici on est dans quelque chose de plus brut. 

Le plus simple c’est de se lancer.

Niveau I : jouer 2 notes simultanées

L’astuce est simple, mais l’effet maximal. Le petit doigt va toujours jouer un do. En même temps on va pouvoir improviser en ajoutant d’autres notes parmi celles de la gamme du blues. Voici toutes les possibilités.

Plusieurs doigtés sont possibles en fonction des trajets et de la taille de votre main.

On garde le même principe, mais on en rajoute. Ça va vous donner une main droite plus massive, plus crunchy. 

Je vous livre les combinaisons, mais à vous d’explorer les chemins possibles et de sélectionner ceux qui vous plaisent. 

Niveau III : ajouter la sixte

Mais où va-t-on s’arrêter ?

Je vous rassure c’est la dernière étape de ce travail. 

On va rajouter une note à la gamme blues : le la. 

Avec cette technique vous aller retrouver des gimmicks typiquement blues. 

Cette fois-ci on va jouer le do avec le pouce tandis que deux notes voyagent dans l’aigu. Ce qui fonctionne très bien c’est de jouer des notes en tierces. Ça va donner un effet assez mélodique qui, combiné à ce do statique donne un résultat très bluesy.

On peut aussi jouer avec le do fixé à l’aigu. 

Au final cela va nous donner 6 positions de main droite qui vont nous servir à l’improvisation sur le blues au piano. 

Cette approche en accord ne permet pas de grandes variations mélodiques à cause de la note statique. On va donc devoir se concentrer sur le rythme. Je vous invite à reprendre les 3 niveaux du chapitre « jouer avec le rythme » et d’utiliser ces principes pour les appliquer à vos improvisations utilisant les accords. 

Voici la vidéo de pratique : 

Enrichir votre vocabulaire mélodique

Jusqu’à présent, j’ai proposé une utilisation exclusive de la gamme blues. En écrivant cet article, j’ai encore plus pris conscience que la course aux systèmes mélodiques était vraiment un piège. En se donnant la contrainte de rester sur un matériel mélodique simple, on s’oblige à trouver de nouvelles idées, à puiser dans notre inspiration. 

Quand l’inspiration manque, on pourrait être tenté d’aller chercher des nouveautés des beaux modes ou techniques. C’est le syndrome de l’objet brillant. Je le connais bien et le vois beaucoup chez mes élèves. À la place de l’enseignant, c’est toujours plus facile de mettre le doigt dessus évidemment. 

Pourtant c’est dans les moments où l’on semble dans le creux que l’on progresse vraiment. Il faut se donner l’occasion d’aller plus loin avec ce qu’on a déjà. 

C’était l’objet de ces premières étapes, que vous pourrez reprendre très souvent. D’ailleurs, j’y reviens très souvent. 

Créer de la rareté mélodique

Quand on s’est fixé une contrainte mélodique pour improviser, le fait d’en sortir un peu, par l’ajout d’une nouvelle note par exemple, créer un événement important, intéressant, surprenant. 

Cette nouvelle note sera particulièrement mise en valeur et donnera du relief au discours. En se faisant attendre, une nouveauté toute simple produit beaucoup d’effets. C’est un peu comme les messages de son amoureux ou amoureuse. Tout l’art est dans le dosage : attendre trop pour y aller ou tout donner sans retenue ne produira pas l’effet escompté. 

Nous allons voir aujourd’hui comment intégrer quelques notes nouvelles, qui vont amener des variations autour de cette gamme blues. 

Niveau I : l’accord majeur

Nous allons construire un accord majeur sur chaque basse. Nous aurons donc à disposition l’accord de do majeur (C), fa majeur (F) et sol majeur (G). 

Voici ces 3 accords écrits :

Vous n’allez pouvoir les utiliser qu’au moment où la basse joue la fondamentale de l’accord, c’est-à-dire la note qui donne son nom à l’accord. Avec une basse do, on joue l’accord do. 

Un premier travail sera d’improviser uniquement sur les notes des accords. Je vous préviens, ça ne va pas donner un discours très intéressant. Pourtant, en maîtrisant cela, vous posez les bases de mélodies très efficaces pour l’improvisation sur le blues au piano. 

Une fois à l’aise avec ce vocabulaire, vous allez juste vous lancer dans une improvisation avec 80% de gamme blues et 20% d’accords. Les accords, je vous propose pour le moment de les utiliser comme une épice en cuisine. 

Niveau II : la sixte

Ce niveau deux est très facile à mettre en place, mais terriblement efficace. Nous allons juste ajouter une note à chaque accord : la sixte. La sixte c’est tout simplement la sixième note quand on part de la fondamentale. 

Do => la
Fa => ré
Sol => mi

Cette sixte est très chantante, très mélodique. Ajoutez la aux autres ingrédients. 

Niveau III : intégrer des chromatismes

Le travail des chromatismes peut se faire de manière très systématique et structurée. Pour le moment je vous invite à une approche exploratoire. Testez des choses, mémorisez ce qui vous plait. 

Le principe du chromatisme est simple : c’est jouer une note en dehors de l’harmonie ou de la gamme blues. On va le faire parfois comme un aller-retour, c’est à dire en allant sur le demi-ton au-dessus ou au-dessous et revenir. D’autres fois on va l’utiliser pour transitionnel vers une autre note de l’harmonie ou de la gamme blues. 

Je vous invite à écouter tout cela dans la vidéo à suivre :

Au terme de ces différentes étapes, vous devriez déjà être en mesure de vous lancer dans une belle improvisation sur le blues au piano. Laissez-moi un commentaire afin de partager avec moi vos performances !

Cet article a 5 commentaires

  1. dessinestabd

    wow!! voilà un blog que je vais m’empresser de faire lire par ma fille!!! super article sur l’impro en blues qui me permet de comprendre pourquoi je ne sais pas jouer (j’ai appris le classique) tout est dans le rythme!!!! je vais aller regarder ls autres articles et vidéos pour voir si je peux réussir à me débloquer !!! c’est une pépite ce blog!!

    1. Jean-Christophe

      Merci 🙂 C’est vrai qu’on est souvent focalisé sur les notes alors que c’est le rythme qui donne le style. N’hésite pas à me dire si tu as des idées d’articles de ton point de vue de pianiste issue du classique.

  2. Valentine

    Wow, merci pour toutes ces étapes pas à pas. L’idéal pour progresser en sachant où on va.

  3. Y-Lan

    Super article qui me donne envie de me remettre au piano ! Merci !

    1. Jean-Christophe

      C’est ma meilleure récompense 🤩

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