Avez-vous déjà senti que votre sens rythmique n’est pas tout à fait aiguisé. Que parfois le tempo s’emballait, que vous ne jouez pas avec régularité.

En groupe, comment vous sentez-vous avec la basse et la batterie ?

Vous arrive-t-il de vous décaler dans la mesure pendant une improvisation ?

Si vous chantez en jouant du piano, ou que vous travaillez avec une vocalise, est-ce que votre jeu stable et confortable ?

Si ce n’est pas encore le cas, c’est que vous devez progresser dans :

  • le maintien du tempo,
  • le sens de la mesure
  • la précision rythmique

Pour cela, le métronome pourrait devenir un bon amiMais, peut-être vous êtes-vous posé la question : comment utiliser un métronome ?

Si c’est oui, je vous félicite. Cela veut dire que vous envisagez de l’employer. Ce n’est pas le cas de tout le monde, car c’est un outil qui n’a pas toujours la cote, et pour cause : il met le doigt sur les problèmes de rythmes. Parfois, jouer avec le métronome est un véritable enfer.

Je pense qu’apprendre à vous entraîner avec le métronome va vous permettre de beaucoup progresser, mais ce, à trois conditions, que vous sachiez : 

  • comment l’employer, 
  • reconnaître ce qu’il peut apporter, 
  • comprendre les inconvénients de son utilisation.

Ces inconvénients, je les ai regroupés dans un chapitre spécial.

En bonus, vous verrez que le métronome peut aussi servir à améliorer votre vitesse.

Une des premières difficultés qui peut se présenter en musique, c’est de maintenir le tempo.

C’est-à-dire, que si vous décidez de la vitesse d’un morceau ou d’une impro, vous devez la conserver tout du long.

Est-ce que c’est réellement important d’y arriver ?

Oui, pour plusieurs raisons.

La première, est quand vous jouez en groupe. Ce qui va unir les musiciens entre eux et permettre de construire le groove, c’est la pulsation commune. 

C’est vrai autant pour jouer du classique, de la pop ou du blues, même s’il y a des différences dans la manière d’aborder la pulsation dans ces musiques. Par exemple, en classique la régularité est pensée de façon plus large que dans la pop.

La seconde est pour le jeu en solo. Comme c’est fréquemment le cas en piano, savoir garder le tempo devient une compétence primordiale. 

Cela vous donnera un sentiment de stabilité et permettra à la musique d’être racontée sans précipitation ou ramollissement.

Vous devez savoir qu’il n’est pas rare que les pianistes aient des problèmes de rythme. C’est beaucoup dû au fait que nous nous entraînions beaucoup seuls. Pour cette raison, je pense que se servir du métronome régulièrement vous sera très bénéfique.

Voici deux manières de recourir au métronome :

  • placez-le sur les temps et jouez en prenant conscience des notes qui tombent avec lui
  • utilisez un métronome qui permet d’insérer des silences. Ainsi vous devenez co-responsable du tempo.

L’art de garder la mesure pendant une impro ou avec une partition

Les métronomes modernes ou les apps de smartphones permettent plus de choses que les anciens modèles mécaniques.

Pour garder le tempo, vous avez besoin d’entendre un battement régulier. C’est par là que vous devez commencer.

Ensuite, intéressez-vous à la mesure. Pour cela votre métronome doit pouvoir marquer des accents pour en matérialiser le début.

Si vous jouez de la musique écrite, son aide sera parfois précieuse. Je pense notamment aux passages avec des valeurs longues comme des blanches ou des rondes. Je constate souvent que des temps sont « mangés » à ces endroits. Le métronome pourra alors vous rappeler à l’ordre.

Pendant vos improvisations, le métronome vous aidera à conserver la mesure.

En effet, l’improvisation demande beaucoup de ressources cognitives, et très souvent, on se décale dans le temps, sans en avoir conscience.

Si vous ne jouez pas en groupe, ou devant un professeur, seul le métronome pourra vous indiquer que vous avez changé de mesure de façon non choisie.

Encore une fois, c’est une spécialité des pianistes. À force de s’entraîner seuls, ils ajoutent ou enlèvent des temps aux mesures, sans que ça les soucis. Si vous savez que vous jouerez tout seul votre vie entière, ce n’est pas forcément un gros problème, mais si un jour, vous êtes tenté par le jeu en groupe, ça va faire très mal.

Quoi qu’il en soit, c’est toujours mieux d’avoir une bonne conscience de ce que l’on joue.  Cette fois-ci encore, métronome sera un bon ami.

Comment utiliser le métronome pour la précision rythmique​

Le tempo et la mesure ne sont pas les seuls paramètres rythmiques.

Pour « bien jouer en place », vous devez aussi prendre en considération les débits, c’est-à-dire le nombre de notes que vous pouvez jouer entre deux battements.

À l’intérieur d’un temps, vous pouvez jouer un grand nombre de notes ou très peu, mais leurs placements rythmiques demandent de la précision.

En général le nombre de notes à l’intérieur d’un temps s’organise de manière binaire ou ternaire.

En binaire, on pourra jouer 2, 4, 8 notes par temps (ou plus en gardant un multiple de 2).

En ternaire, on pourra jouer 3, 6, 9 notes par temps (ou plus en gardant un multiple de 3).

Des débits inhabituels

Toutefois, dans certaines cultures musicales, vous allez trouver des débits qui se divisent en 5. C’est très fréquent en Inde par exemple. 

Ce genre de débit devient de plus en plus courant dans le jazz.

Je pense notamment au jeu de Tigran Hamasyan qui l’utilise énormément.

Augmentez votre précision

Je vais vous présenter une manière d’utiliser un métronome qui me vient des batteurs et percussionnistes. 

Elle est très puissante, mais redoutable. Si vous voulez passer au niveau supérieur en termes de précision rythmique, elle va vraiment vous aider.

Le principe est simple, mais son application demande un peu de détermination. Une belle récompense cependant vous attend : beaucoup plus de confiance dans vos phrasés et vos interactions si vous jouez en groupe.

Essayez de déplacer les battements du métronome. Par exemple, en jazz, vous pouvez le mettre sur le 2e et le 4e temps, en blues, vous pouvez le placer sur la 3e croche ternaire.

En pop, vous pouvez accentuer les contretemps ou sur la 2e ou 4e double croche.

Comment utiliser le métronome pour augmenter la vitesse de votre jeu

Afin d’augmenter progressivement la vitesse d’un passage, n’hésitez pas à vous servir du métronome.

Je prévois prochainement un article sur la manière de jouer des passages rapides.

En attendant, vous pouvez visionner cette vidéo dans laquelle je montre comment apprendre un arpège rapide en très peu de temps.

Ici, vous allez chercher une vitesse qui vous permet de jouer un passage de 4 mesures sans difficulté.

Ensuite avec le métronome, vous allez augmenter la cadence petit à petit en ajoutant 2 ou 5 points à chaque fois que vous réussissez à jouer le passage sans erreur.

Les inconvénients du métronome

Le métronome empêcherait d’intérioriser la pulsation

Il est parfois décrié. Certains professeurs le déconseillent carrément.

En fait, si vous avez conscience de ses avantages et de ses inconvénients et que vos objectifs sont clairs, rien n’empêche de l’utiliser.

Le premier argument contre c’est que si vous vous reposez trop sur le métronome, vous ne développez pas votre pulsation intrinsèque. Vous devenez dépendant du métronome, ou du batteur si vous jouez en groupe.

Le souci avec cette manière de penser c’est que ça ne dit pas comment se corriger, à moins d’avoir un professeur à disposition chaque jour.

De plus, il n’est pas rare que ce discours, assez souvent tenu par des musiciens classiques, s’accompagne de l’injonction à ne pas exprimer le rythme dans le corps. Par exemple, bouger la tête ou taper du pied est proscrit. 

Je vous garantis que cela ne vous aidera pas à jouer en rythme.

Cependant, la critique est légitime.

Pour éviter cela, vous devez considérer le métronome comme un outil de vérification.

Les métronomes modernes ont une fonction géniale, c’est de pouvoir insérer des moments de silence. Pendant ces moments, c’est à vous de garder le cap. Grâce à cette fonction, vous allez améliorer votre pulsation intérieure.

Le métronome ferait jouer de façon mécanique

C’est exact que jouer avec une machine peut amener à robotiser votre jeu.

L’expérience montre que c’est pourtant rare. En fait, on est souvent très loin d’avoir un sens du rythme excellent.

Si effectivement vous en arrivez à jouer « trop en place », il sera toujours temps d’assouplir un peu votre jeu.

C’est particulièrement vrai dans les musiques actuelles et traditionnelles qui nécessitent un sens du rythme implacable.

Ça l’est un peu moins dans la musique classique, qui  requiert de pouvoir bouger un peu plus autour de la pulsation.

C’est le fameux rubato romantique. Cela dit, Chopin faisait travailler le rubato avec le métronome, il fallait pouvoir fluctuer tout en retombant sur le temps en fin de carrure. Il demandait aussi de garder une main gauche très stable pendant que la main droite s’exprime librement.

Par ailleurs, écouter les grands artistes, ils ont tous un immense sens rythmique.

L’habileté rythmique doit être pensée au-delà de la rigidité qu’amène le métronome, mais s’en passer pour cette raison, est souvent due au refus de se confronter à ses difficultés.

Le métronome que je conseille

J’utilise maintenant une app qui s’appelle Time Guru.

C’est un métronome très simple dans son principe, mais qui permet aussi de programmer facilement des séquences complexes.

Un de ces atouts, c’est l’insertion aléatoire et progressive de silences pour vous habituer à intérioriser le rythme.

Et vous, comment utilisez-vous le métronome ?

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